CARTA ABIERTA A LOS VASCOS (Prof.
Dr. Salvador García Bardón)
Excelentísimo Señor Lehendakari Don Juan José Ibarretxe:
Le escribimos esta "Carta abierta a los Vascos"
con ocasión del asesinato de Pedro Antonio BLANCO GARCIA.
Nos mueve a hacerlo el dolor que sentimos por esta nueva
muerte de un inocente, víctima de una estrategia pseudopolítica desacertada que usted
mismo rechaza. También nos mueve a hacerlo nuestro cariño por el generoso pueblo vasco,
que hoy sufre como nosotros y que muchos consideramos como nuestro pueblo, por serlo de
alguno de nuestros antepasados: piense en la cantidad de apellidos vascos que llenan las
guías telefónicas españolas o europeas. ¿Recuerda usted que García, así se llama
también la nueva víctima, es un apellido vasco de los más extendidos por todo el
mundo?.
Nadie olvida ni en Europa ni en el Mundo que su pueblo nos
ha dado en Pedro Arrupe a uno de los espíritus más universales del siglo que acaba de
terminar. Gracias a su enorme atractivo de humanista antibelicista, muchos nos
consideramos espiritualmente identificados con su pueblo, por serlo de uno de nuestros
mejores maestros de Amistad y de Paz .
Nos gustaría que el mayor número posible de personas de
buena voluntad leyeran nuestra carta. La hemos titulado "Todos somos BLANCO",
porque todos nos sentimos identificados con la nueva víctima y porque tambien nos
sentimos "blanco posible" de quienes de nuevo piensan en matar.
Todos somos BLANCO.
Todo es posible con la política, nada con el crimen, si se
quiere construir una Europa justa y un mundo mejor con cabida para todos. Crimen y
política son incompatibles. El crimen significa la negación total del otro. La política
parte del presupuesto que el otro tiene tanto derecho a existir como yo mismo. Es criminal
e indigno de contar como político todo aquél que en lugar de practicar este presupuesto
fundamental de la razón política emplea, acepta o no condena el homicidio, la violencia,
el chantaje o la corrupción.
Todos y cada uno de los actores políticos tienen
derecho a afirmar su identidad y su diferencia, dentro del espacio de libertad común que
hace posible la coexistencia con los otros actores políticos tanto en Europa como en el
Mundo. Quien desea defender una idea política tiene que renunciar a todo método que
emplee el crimen, porque el crimen, al ser la negación del otro, es también la negación
de sí mismo como
necesariamente coexistente con los otros actores políticos en un espacio de libertad
común. Quien mata o deja matar en política, se suicida.
Ni Europa ni un mundo mejor serán posibles si el lugar de
los políticos lo ocupan criminales, que éstos sean homicidas, violentos, chantajistas o
corruptos. Cada vez que un criminal toma como BLANCO a un inocente, todos nos sentimos
BLANCO de su crimen, porque el crimen, al ser lo contrario de la razón lo destruye todo
sin mirar: Euskadi, España, Europa y la esperanza de un mundo mejor para todos. Si el
lugar de los políticos lo ocupan criminales, todos somos BLANCO de su empresa
destructiva.
Usted y yo también somos BLANCO.
Cordialmente,
por la Amistad Europea Universitaria,
Prof. Dr Salvador GARCIA BARDON
Lovaina la Nueva (Bélgica)
LETTRE OUVERTE AUX BASQUES
Monsieur le Lehendakari Juan José Ibarretxe,
Nous vous écrivons cette "Lettre ouverte aux
Basques" à l'occasion de l'assassinat de Pedro Antonio Blanco Garcia.
Ce qui nous incite à le faire, c'est la douleur que nous
ressentons à cause de cette nouvelle mort d'un innocent, victime d'une stratégie
pseudopolitique que vous-même refusez. Ce qui nous incite aussi à le faire, c'est
notre tendresse pour le généreux peuple basque, qui aujourd'hui souffre comme nous, et
que beaucoup d'entre nous considèrent comme leur peuple parce que c'est le peuple d'un de
leurs ancêtres: pensez au nombre de noms de famille basques qui remplissent les annuaires
téléphoniques espagnols et européens. Vous rappelez-vous que Garcia, qui est aussi le
nom de la nouvelle victime, est un nom basque particulièrement répandu de par le monde ?
Personne n'oublie ni en Europe ni dans le Monde que votre
peuple nous a donné Pedro Arrupe, un des esprits les plus universels du siècle qui
s'achève. Grâce a son énorme charisme d'humaniste anti-belliciste, nous nous
identifions spirituellement à votre peuple, parce que c'est le peuple d'un de nos
meilleurs maîtres d'amitié et de paix.
Nous aimerions que le plus grand nombre possible de
personnes de bonne volonté lisent notre lettre. Nous l'avons intitulée "Nous sommes
tous BLANCO" (en espagnol, blanco signifie cible), parce que nous nous identifions
tous à la nouvelle victime, et aussi parce que nous nous sentons "cible
possible" de ceux qui à nouveau pensent à tuer.
Nous sommes tous BLANCO
Tout est possible avec la politique, rien avec le crime, si
on veut construire une Europe juste et un monde meilleur avec une place pour tous. Crime
et politique sont incompatibles. Le crime signifie la négation totale de l'autre. La
politique part du présupposé que l'autre a autant le droit d'exister que moi-même.
C'est criminel et indigne de considérer comme politique celui qui, au lieu de pratiquer
ce présupposé fondamental de la raison politique, emploie, accepte ou ne condamne pas
l'homicide, la violence, le chantage ou la corruption.
Tous les acteurs politiques, quels qu'ils soient, ont le
droit d'affirmer leur identité et leur différence, à l'intérieur de l'espace de
liberté commun qui rend possible la coexistence avec les autres acteurs politiques, aussi
bien en Europe que dans le Monde. Celui qui désire défendre une idée politique doit
renoncer à toute méthode qui emploie le crime, parce que le crime, qui est la négation
de l'autre, est aussi la négation de soi-même en tant que coexistant nécessairement
avec les autres acteurs politiques dans un espace de liberté commun. Celui qui tue ou
laisse tuer en politique se suicide.
Ni l'Europe ni un monde meilleur ne seront possibles si la
place des politiques est occupée par des criminels, que ceux-ci soient homicides,
violents, maîtres chanteurs ou corrompus. Chaque fois qu'un criminel prend comme cible un
innocent, nous nous sentons tous la cible de son crime, parce que le crime, qui est le
contraire de la raison, détruit tout sans distinction : Euskadi, l'Espagne, l'Europe et
l'espoir d'un monde meilleur pour tous. Si des criminels occupent la place des politiques,
nous sommes tous la cible de leur projet destructeur.
Vous et moi aussi sommes des cibles.
Cordialement,
pour l'Amitié Européenne Universitaire,
Prof. Dr Salvador GARCIA BARDON
Louvain-la-Neuve (Belgique)
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